L'ascension fulgurante de Joséphine Baker, d'artiste de rue dans les quartiers défavorisés de Saint-Louis à l'une des figures noires les plus emblématiques de son époque, est un récit captivant. Née dans la pauvreté, elle s'est imposée durant la Renaissance de Harlem avant de conquérir Paris, où elle s'est épanouie comme militante des droits civiques, performeuse et même espionne française pendant la Seconde Guerre mondiale, loin du racisme systémique qui marqua son enfance.
En août 2021, il a été annoncé que Joséphine Baker serait intronisée au Panthéon français, aux côtés de personnalités parmi les plus illustres de France. Première femme noire à recevoir cet honneur, sa dépouille reste à Monaco à la demande de sa famille, ce pays étant un lieu clé de sa vie.
Au fil de son existence, Baker a adopté des enfants du monde entier, milité pour l'égalité raciale et vécu selon ses propres règles. Décédée à 68 ans après un spectacle rétrospectif triomphal, elle a inspiré des artistes comme Tina Turner ou Beyoncé. Son célèbre costume de jupe banane, sa coupe courte et son expressivité faciale sont iconiques, mais sa vie fut bien plus riche et complexe.
Pour célébrer ses accomplissements politiques, artistiques et personnels, voici 25 faits peu connus, compilés par Stacker à partir de sources fiables comme Britannica, ThoughtCo., des documentaires, articles de presse, la succession de Baker et autres ressources vérifiées.
1 / 25 Joséphine Baker voit le jour le 3 juin 1906 à Saint-Louis sous le nom de Freda Josephine McDonald. Fille de Carrie McDonald, issue d'un couple d'anciens esclaves, et probablement d'Eddie Carson, musicien. Sa mère se remarie et a trois autres enfants.
2 / 25 Dans le quartier pauvre de Mill Valley à Saint-Louis, Baker abandonne l'école à 12 ans et danse dans la rue pour survivre. À 13 ans, elle sert de serveuse au Old Chauffeurs Club et fait du travail domestique pour des familles blanches.
3 / 25 À 13 ans, elle épouse Willie Wells (mariage dissous en un an), puis à 15 ans William Howard Baker, dont elle garde le nom de scène après leur divorce. Elle tourne en vaudeville.
4 / 25 Selon le documentaire Josephine Baker : La première superstar noire, elle rejoint les Dixie Steppers, puis Shuffle Along, éclaircissant sa peau pour des normes racistes. Choriste comique, elle excelle au rappel.
À New York, elle brille dans Shuffle Along et The Chocolate Dandies à Broadway, devenant la choriste la mieux payée au monde grâce à son style unique.
À 19 ans, elle danse au Théâtre des Champs-Élysées dans La Revue Nègre. Sa Danse Sauvage avec Joe Alex fascine le public français par son énergie débridée.
7 / 25 Amoureuse des animaux, Baker possède chiens, chats, poissons, mais surtout le guépard Chiquita, qui se produit avec elle, et le cochon Albert.
8 / 25 Aux Folies-Bergère, elle crée son numéro iconique en string banane, sensation controversée, repris plus tard par Beyoncé.
9 / 25 Dans le muet français Siren of the Tropics, elle joue une danseuse antillaise suivant un homme d'affaires en France.
10 / 25 À Budapest, son manager et amant Giuseppe Abatino (se prétendant comte) duel à l'épée avec le capitaine Andrew Czlovoydi pour elle. Blessé, ils se réconcilient.
11 / 25 Première star noire à Belgrade, elle respecte les traditions locales et donne à des enfants serbes. Elle ne se marie jamais avec Abatino.
12 / 25 Après un échec à Ziegfeld Follies, elle naturalise française et épouse Jean Lion (divorcés en 1940), fuyant le racisme américain.
13 / 25 Recrutée par le renseignement français, elle espionne lors de ses spectacles. Pendant la guerre, elle héberge des résistants au Château des Milandes et reçoit Légion d'honneur et Croix de Guerre de De Gaulle.
14 / 25 Elle acquiert ce château somptueux, avec boulangerie, club jazz et motel, pour sa "tribu arc-en-ciel". Perdu en 1968 pour dettes, il est aujourd'hui musée.
15 / 25 Mariée à Jo Bouillon (1947-1961), des rumeurs évoquent des liaisons avec Clara Smith, Mildred Smallwood, Frida Kahlo. Dernier partenariat platonique avec Robert Brady.
À Miami, elle impose un public intégré au Copa City, puis tourne avec succès, refusant les segregations.
17 / 25 La NAACP proclame le 20 mai "Journée Joséphine Baker" et la nomme Femme de l'année en 1963 après son discours à la Marche sur Washington.
18 / 25 Conflit avec Walter Winchell sur le racisme au Stork Club mène à une accusation de communisme et annulation de visa pour 10 ans.
Elle adopte 12 enfants de 12 pays (deux filles, dix garçons) pour démontrer l'harmonie multiculturelle, élevés dans diverses religions.
20 / 25 Oratrice à la Marche sur Washington, elle compare France et Amérique. Décline diriger le mouvement après MLK.
21 / 25 Invitée à La Havane malgré oppositions, son show bat des records pour l'anniversaire de la Révolution.
Rencontrée en 1951, la princesse de Monaco l'aide financièrement et l'héberge près de Monaco lors de ses difficultés.
23 / 25 Après retraite, elle triomphe à l'Olympia, Carnegie Hall (1973) et London Palladium (1974).
24 / 25 À 68 ans, elle célèbre 50 ans de carrière dans Joséphine à Bobino, acclamée par Grace Kelly, Mick Jagger et autres.
Le 12 avril, hémorragie cérébrale après critiques élogieuses. Funérailles avec honneurs militaires au cimetière de Monaco.