Les passionnés de cinéma et de théâtre admirent depuis des décennies Marlon Brando, souvent considéré comme le plus grand acteur de son époque. Cette fascination ne faiblit pas.
Dans la vie réelle, Brando était un rebelle marqué par une enfance difficile au sein d'une famille dysfonctionnelle. Il défiait l'autorité, rejetait les conventions et surprenait par son comportement imprévisible.
Il luttait contre ses démons intérieurs, avec des échecs professionnels et des drames personnels. Reclus et mystérieux, il a toutefois partagé des bribes de son existence dans son autobiographie Songs My Mother Taught Me, publiée en 1994.
Son talent inégalé brillait dans des rôles de personnages tourmentés, comme le colérique Stanley Kowalski dans Un tramway nommé Désir ou le boxeur Terry Malloy dans Sur les quais. Qui n'a jamais repris le cri de Kowalski : « Stella ! » ou la fameuse réplique de Malloy : « J'aurais pu être champion ! » ?
Brando a captivé le public pendant des décennies, chaque moment scruté par les fans et les médias. Pourtant, des aspects de sa vie restent méconnus. Stacker a compilé 25 faits surprenants sur son parcours, en s'appuyant sur des articles de presse, biographies, archives cinématographiques et sites spécialisés.
1 / 25 Marlon Brando naît en 1924 à Omaha, Nebraska. Sa famille s'installe en Illinois à ses 6 ans. Ses parents, alcooliques, créent un foyer chaotique : son père, vendeur hypercritique et violent, voyageait souvent, laissant les enfants récupérer leur mère ivre dans les bars. Cette rancœur envers son père perdura toute sa vie.
2 / 25 Brando avait deux sœurs aînées : Frances, artiste, et Jocelyn, actrice à Broadway dans Desire Under the Elms et Mourning Becomes Electra d'Eugene O'Neill. Elle apparut dans The Big Heat, Mommie Dearest, des séries comme Alfred Hitchcock Presents, Little House on the Prairie et Dallas.
3 / 25 Expulsé du lycée pour inconduite, Brando est envoyé à 16 ans à l'académie militaire Shattuck au Minnesota, comme son père. Il en est aussi renvoyé et part pour New York, où ses sœurs étudient théâtre et art.
4 / 25 À New York, il intègre l'Actors Studio de Lee Strasberg et étudie avec Stella Adler, qui l'initie aux techniques de mémoire émotionnelle et devient son mentor.
5 / 25 Son premier grand rôle à Broadway est dans I Remember Mama (1944). La consécration arrive en 1947 avec Stanley Kowalski dans Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams. Il refuse les auditions hollywoodiennes pour éviter les contrats à long terme.
6 / 25 Pour ses débuts au cinéma dans The Men (1950), Brando incarne un vétéran paraplégique. Il passe un mois en fauteuil roulant dans un hôpital pour vétérans handicapés.
7 / 25 En 1951, il reprend Kowalski dans l'adaptation d'Un tramway nommé Désir d'Elia Kazan (première nomination). Suivent Viva Zapata! (1952) et Marc Antoine dans Jules César (1953), pour trois nominations d'affilée.
8 / 25 Dans Sur les quais (1955), Brando est Terry Malloy. La scène du gant avec Eva Marie Saint est improvisée en répétition et conservée par Elia Kazan. Ce rôle lui vaut son premier Oscar.
9 / 25 Première épouse : Anna Kashfi (1957-1959). Leur fils Christian est au cœur d'un scandale : Kashfi paie 10 000 $ pour le kidnapper pendant le tournage de Le Dernier Tango à Paris (1972).
10 / 25 Dans The Fugitive Kind (1960), d'après Tennessee Williams, Brando est le deuxième acteur après Elizabeth Taylor à toucher 1 million de dollars pour un film.
[Photo : Anna Magnani et Marlon Brando sur le tournage de The Fugitive Kind en 1959.]
11 / 25 Deuxième épouse : l'actrice Movita Castaneda (1960). Parents de Miko et Rebecca.
12 / 25 Brando réalise One-Eyed Jacks (1961) avec Karl Malden. Échec cuisant à 6 millions de dollars.
13 / 25 Rencontrée sur Les Mutinés de l'Elseneur (1962), Tarita Teriipaia (20 ans) devient sa troisième épouse (10 ans de mariage). Parents de Simon et Cheyenne.
14 / 25 Série de films décevants : The Ugly American (1963), Bedtime Story (1964), The Chase (1966) avec Jane Fonda et Robert Redford. Ce dernier, réalisé par Arthur Penn, est réhabilité pour la performance de Brando.
[Photo : Marlon et Jocelyn Brando dans The Chase.]
15 / 25 Brando participe à la Marche sur Washington (1963), où Martin Luther King prononce son discours « I Have a Dream ».
[Photo : Charlton Heston, Harry Belafonte, James Baldwin et Brando au Lincoln Memorial.]
16 / 25 Amoureux du Pacifique Sud, Brando acquiert Tetiaroa (27 km²) en 1966. Visions écologiques : énergie solaire, habitats faune, usine d'algues. Dévastée par un ouragan en 1983, c'est aujourd'hui un resort éco-responsable.
17 / 25 Retour en force comme Don Vito Corleone dans Le Parrain (1972). Malgré les réticences des studios, Francis Ford Coppola le choisit après un test éblouissant.
18 / 25 Oscar pour Le Parrain (1973) refusé par Sacheen Littlefeather, qui dénonce le traitement des Amérindiens à Hollywood.
19 / 25 Dans ce film controversé, Brando, Maria Schneider, Bernardo Bertolucci et Alberto Grimaldi sont accusés de pornographie en Italie, mais acquittés.
[Photo : Brando, Bertolucci et Schneider sur le tournage.]
20 / 25 Payé 15 millions de dollars pour Jor-El dans Superman, il n'apparaît que 15 minutes à l'écran.
21 / 25 Conflits avec Coppola sur son obésité : Brando impose des scènes sombres pour masquer sa prise de poids.
[Photo : Coppola en conférence pour Apocalypse Now.]
22 / 25 Christian (32 ans) tue Dag Drollet, petit ami de Cheyenne (enceinte). Elle se suicide en 1995 (25 ans). Christian purge 5 ans pour homicide involontaire et meurt en 2008 (pneumonie).
23 / 25 Parodie dans The Freshman (1990). Dernier rôle : The Score (2001) avec De Niro et Norton. Il refusait souvent de porter un pantalon, filmé en plans serrés.
24 / 25 Atteint de diabète (problèmes visuels) et cancer du foie, Brando meurt le 1er juillet 2004 d'insuffisances respiratoire et cardiaque.
25 / 25 Incinéré, ses cendres sont répandues à Tahiti et en Death Valley, Californie.
[Photo : oiseaux au-dessus de Tetiaroa.]