Parmi les quatre prix majeurs remis lors de la 'plus grande nuit de la musique', le Grammy du Meilleur Nouvel Artiste est le seul accessible à un artiste émergent. Attribué à des artistes ou groupes ayant réalisé une 'percée dans la conscience publique' avec un 'impact significatif sur le paysage musical' durant la période d'éligibilité, ce prix repose sur des critères précis : pas plus de trois albums ou 30 singles sortis, et pas plus de trois nominations antérieures (même via d'anciens groupes).
Cette définition suscite souvent des débats passionnés sur ce qui fait un 'nouvel' artiste. Les Grammys, votés exclusivement par des membres de l'industrie musicale, génèrent fréquemment des surprises dans les grandes catégories. Certains électeurs votent sans connaître tous les nominés, alimentant les controverses.
La légende de la 'malédiction' du Meilleur Nouvel Artiste persiste : de nombreux lauréats peinent à renouveler leur succès initial. Bien que les récents gagnants contredisent cette idée, la réputation perdure.
Décerné depuis les 2es Grammys en 1960 (sauf en 1967), ce prix couvre du folk-rock des années 1960 au rap actuel. Stacker dresse la liste chronologique de tous les lauréats (et nominés 2020). Découvrez qui a succombé à la malédiction et qui a marqué des décennies.
Bobby Darin s'est imposé comme pop star adolescente avec 'Splish Splash' sur 'American Bandstand', suivi du tube mondial 'Mack the Knife' en 1959. Acteur, chanteur folk, country et plus, il intègre le Rock & Roll Hall of Fame en 1990.
Abandonnant la comptabilité pour la comédie, Bob Newhart explose avec l'album 'The Button-Down Mind of Bob Newhart' (1960), premier comedy album n°1 Billboard. Son style 'everyman' brille en stand-up et TV, couronné d'un Emmy pour 'The Big Bang Theory'.
Virtuose jazz et pianiste, Peter Nero se révèle à 17 ans avec 'Rhapsody in Blue' de Gershwin à la TV. Interprète phare de Gershwin, il dirige longtemps les Philadelphia Pops, mélangeant Broadway, jazz, blues et classique.
4 / 60 Star Broadway avec Lancelot dans 'Camelot' aux côtés de Julie Andrews et Richard Burton, Robert Goulet remporte le Grammy pour 'Always You' et 'Two of Us', incluant 'What Kind of Fool Am I'. Il brille jusqu'en 2007 au théâtre, cinéma et TV.
Le chanteur américain Ward Swingle forme à Paris un groupe vocal sur Bach au clavier. 'Jazz Sebastian Bach' les propulse internationalement. Remplaçant les membres à la retraite, les Swingle Singers sortent 50 albums a cappella.
Phénomène planétaire, les Beatles conquièrent les USA via 'The Ed Sullivan Show' et 'I Want to Hold Your Hand' (1963). Des chefs-d'œuvre comme 'Sgt. Pepper's' et 'Abbey Road' suivent avant leur séparation en 1970.
Rocker gallois de l'invasion britannique, Tom Jones explose avec 'It's Not Unusual' (1964). Après un déclin, Las Vegas relance sa carrière aux USA.
'Ode to Billie Joe' propulse l'inconnue Bobbie Gentry en 1967. Elle sort sept albums (1967-1971), écrivant et produisant seule. Retirée en 1981, son style inspire toujours.
Célèbre à Porto Rico, José Feliciano cartonne avec 'Feliciano!' et sa reprise 'Light My Fire'. Son hymne national folk aux World Series 1968 divise, mais il triomphe avec 'Feliz Navidad'.
Premier show à Woodstock, paroles contestataires idéales. Ex-membres d'autres groupes, leur album éponyme explose. Neil Young rejoint puis quitte (1971). Le trio persiste en solo et collectif.
Duo frère-sœur Karen et Richard Carpenter offre pop mélodique face au rock lourd des 70s. '(They Long to Be) Close to You' lance une décennie de tubes. Karen décède en 1983 d'anorexie.
Voix rock 70s, Carly Simon débute avec 'That's the Way I've Always Heard It Should Be'. 'You're So Vain' domine. Mariage avec James Taylor media-tisé. Toujours active, memoir en 2015.
Billie Eilish ('Bad Guy'), Lil Nas X ('Old Town Road') et Lizzo ('Truth Hurts') mènent les nominés, avec hits viraux transcendant genres. Maggie Rogers, Rosalía, Tank and the Bangas, Yola et Black Pumas complètent la liste.