David Guetta s'est imposé comme un producteur visionnaire, fusionnant pop rythmée et genres urbains pour dominer les charts mondiaux depuis près d'une décennie. Ses méga-hits comme Titanium feat. Sia, Where Them Girls At avec Flo Rida et Nicki Minaj, Club Can't Handle Me feat. Flo Rida, Who's That Chick? avec Rihanna ou I Gotta Feeling des Black Eyed Peas en témoignent. Maître des collaborations, il propulse chaque piste en tête des classements. Ses fans baptisent sa musique "Guetta-blasters", en hommage à son immersion audacieuse dans la culture hip-hop et sa capacité à mêler hip-hop et pop avec un rythme irrésistible.
Né en France de parents intellectuels libéraux opposés au matérialisme, Guetta aspire dès l'adolescence à un monde glamour. Il le découvre dans les clubs underground européens où il débute comme DJ. Passionnément américain, il dévore livres, films et musique US, rêvant de conquérir la scène musicale outre-Atlantique. 
Lors de notre entretien, nous évoquons son septième album studio, sobrement intitulé 7. Cette collection éclectique allie paroles émouvantes et mélodies hypnotiques, avec les collaborations signature de Guetta aux côtés de Sia, Jason Derulo et Justin Bieber.
Allison Kugel : Votre fusion de musique électronique et urbaine était-elle une vision originelle ou est-elle née d'opportunités fortuites ?
David Guetta : Ça semble fou, mais enfant, quand j'ai commencé le DJing, il n'y avait pas encore de musique électronique (rires). Adolescent, je mixais du funk, puis du hip-hop, avant la house. Pour moi, c'est naturel : je viens de cette culture. J'ai évolué vers d'autres styles, et un jour, j'ai pu les fusionner. J'aime la musique en général, créer des émotions et faire danser les gens.
Allison Kugel : Vous êtes le premier DJ à transcender les genres pour devenir un artiste pop mainstream. Comment avez-vous créé cet espace inédit ?
David Guetta : Exactement ! L'industrie impose des règles pour appartenir à une 'famille'. Moi, j'ai créé les miennes. J'étais très critiqué à l'époque, puis tout le monde a suivi. C'est ma méthode : avec mon album 7 (sortie le 14 septembre), c'est encore très éclectique.
Allison Kugel : Chaque titre de 7 a un son unique. Quel fil conducteur unit l'album ?
David Guetta : 7 marque mon septième opus, mais ce chiffre symbolise la fin d'un cycle : une semaine de 7 jours, la Création en 7 jours bibliques, mon anniversaire le 7 novembre. Magique pour moi ! Au lieu de compromis, j'ai puisé dans mes racines pour un album pop varié. Un prochain sera purement électronique et underground. 7 fonctionne en festivals, clubs et radio : très pop/hip-hop ou latin, comme avec Jason Derulo et Nicki Minaj. J'adore aussi Don't Leave Me Alone, pop avant-gardiste et unique.
Allison Kugel : Collaborer avec des artistes masculins ou féminins change-t-il votre approche ?
David Guetta : Pas vraiment. Souvent, j'écris avec un homme et une femme chante. Pour les notes hautes, une voix féminine s'impose. Les histoires diffèrent parfois, mais les stéréotypes s'effacent – j'adore ça (rires) !
Allison Kugel : Quelle est la synergie créative avec Sia ?
David Guetta : Incroyable ! Nous avons une longue histoire. Titanium (Nothing But the Beat, 2011) a changé nos vies. Sia mérite son succès : chanteuse et auteure exceptionnelle, toujours présente. Notre magie ? Combiner émotions opposées : instrumental sombre et mélodie joyeuse, ou inversement. Je suis positif ; elle, mélancolique. Parfait pour des hits comme I Gotta Feeling (The E.N.D., Black Eyed Peas, 2009).
Allison Kugel : Vous aimez ces contrastes sombres/légers.
David Guetta : Oui ! Comme dans un film d'action avec romance. La théorie musicale confirme : 75 % de familiarité, 25 % de nouveauté pour captiver.
Allison Kugel : Quelle philosophie spirituelle guide votre art ?
David Guetta : Je suis heureux et partage ma passion musicale pour unir les gens, comme le sport. De l'underground à la mainstream, je fusionne urbain et électronique pour tous, sans barrières raciales ou culturelles.
Allison Kugel : L'héritage sociologue de votre père influence-t-il votre vision ?
David Guetta : Parents gauchistes hippies des années 60. Rebelle, j'ai choisi l'entrepreneuriat pro-américain. Mais leurs conseils sur l'égalité perdurent inconsciemment.
Allison Kugel : Différences culturelles Europe/USA pour votre musique ?
David Guetta : Très différentes. J'ai ouvert des portes US avec I Gotta Feeling ou Club Can't Handle Me vers 2009-2011. Aujourd'hui, hip-hop domine, absorbant rock et alternative. En Europe, cool c'est underground dance.
Crédits photo : Joseph Aboud (couverture), Guerin Blask, Ellen von Unwerth
Septième album de David Guetta, 7, sort le 14 septembre. Précommandez sur iTunes et https://davidguetta.lnk.to/Album7?ref=https%3A//t.co/B2tsQPCnog. Suivez @davidguetta sur Twitter.
Allison Kugel, chroniqueuse divertissement syndiquée et auteure de Journaling Fame : les mémoires d'une vie déséquilibrée et enregistrée. Suivez @theallisonkugel sur Instagram et AllisonKugel.com.