Née d'une capsule temporelle de l'âge d'or d'Hollywood, glamour girl et déesse du burlesque, Dita Von Teese captive les imaginations mondiales depuis son irruption sur la scène au début des années 2000, d'abord en couverture de Playboy, puis au bras de la rockeuse controversée Marilyn Manson. Elle s'est imposée comme l'interprète burlesque la plus célèbre et demandée au monde. Vanity Fair l'a surnommée "super-héroïne burlesque" et Elle "icône polyvalente".
La pin-up aux cheveux corbeau, peau claire et silhouette en sablier, ne sort jamais sans lèvres rouges impeccables et lunettes vintage. Dita Von Teese sillonne le monde avec des spectacles burlesques hommage à l'art vintage revisité modernement. Devant des salles combles, elle hypnotise par ses costumes incrustés de cristaux éblouissants, accessoires extravagants comme sa fameuse routine de bain moussant dans un verre à martini géant. Ses fans, majoritairement féminines, s'inspirent de cette sensualité raffinée. 
Fascinée par son univers, j'ai rencontré Dita Von Teese pour discuter de son apparence iconique, ses performances, ses vues sur la féminité, la maternité, le féminisme et sa tournée actuelle, Dita Von Teese and the Copper Coupé.
Allison Kugel : Comment définissez-vous la féminité ?
Dita Von Teese : J'ai grandi en admirant les stars des années 1940-1950. Pour moi, c'est l'essence du féminin qui m'a marquée dès l'enfance. Cette féminité exacerbée – se sublimer avec maquillage, cheveux, talons – incarne le glamour. C'est mon féminin extérieur. Mais j'ai aussi un féminin intime, sans ces artifices, au cœur de notre essence.
Allison Kugel : Pourquoi changer vos cheveux blonds naturels et votre nom Heather Sweet pour Dita Von Teese brune ?
Dita Von Teese : J'ai adopté Dita vers 19 ans, sans anticiper la célébrité. C'était un hobby ; je pensais arrêter à 30 ans. Inspirée par Gypsy Rose Lee ou Lili St. Cyr, j'aimais le relooking hollywoodien, comme Rita Hayworth qui transforma son apparence. Ces icônes passaient de beautés naturelles à oiseaux de paradis.
Allison Kugel : Sur scène, vous semblez sortie d'un voyage temporel des années 1940-1950. Êtes-vous à l'aise avec cette ère ou y a-t-il des aspects inconfortables ?
Dita Von Teese : Je vis au présent : vêtements modernes, apps à jour (rires). J'adore la tech. Ma collection vintage est immense, mais j'ai évolué. Nos shows burlesques capturent l'essence passée tout en innovant. Je m'inspire sans m'y enfermer, pour éviter le poussiéreux. J'échange avec Mamie Van Doren ou Julie Newmar sur le passé et naviguer le glamour moderne.
Allison Kugel : Envisageriez-vous de sacrifier votre silhouette pour une grossesse ?
Dita Von Teese : J'ai choisi de ne pas avoir d'enfants, un choix conscient face à la surpopulation et au climat. Longtemps, je pensais en vouloir, mais la démographie m'interpelle. Élever un enfant est noble, mais c'est personnel. Poser ça à une femme est intime.
Allison Kugel : Votre image cultive ce look parfait ; renoncer pour une grossesse serait émotionnellement dur…
Dita Von Teese : Je veux montrer mes évolutions à mes fans. Même enceinte, on gèrerait glamour ! J'ai vu des pin-up enceintes stylées. Le vrai enjeu : couple, partenaire idéale. Je crois au destin : "Si ça arrive, ça arrivera."
Allison Kugel : Dans Dita Von Teese and the Copper Coupé, Gia Genevieve vous rejoint. Pourquoi elle ?
Dita Von Teese : Je cherchais une bombe blonde Playboy-esque. Gia a effervescence, sex-appeal fun. Pas danseuse pro, mais j'ai adapté mon numéro de bain pour elle. Elle brille par sa personnalité ; pas besoin d'acrobaties pour divertir.
Allison Kugel : Parlez de votre collab' avec Absolut Elyx pour la tournée.
Dita Von Teese : Célèbre pour mes bains en cocktail géant (rires), j'étais ouverte aux partenariats. J'ai aimé leurs idées fantaisistes honorant leur distillerie cuivre. J'ai customisé coquillages et verres en leur style. Création fun !
Allison Kugel : Quelles images évoquent The Copper Coupe ?
Dita Von Teese : Chaque tournée revisite mon martini géant – j'en ai six ! Avec Catherine D'Lish, nous avons créé mon costume le plus extravagant : recouvert de cristaux Swarovski Aurora Boreale, taillés comme diamants. Époustouflant sous les lumières !
Allison Kugel : Tout cristalisé, reine Swarovski…
Dita Von Teese : Oui, et pesant lourd ! Effet magique, comme électrifié.
Allison Kugel : Vous dites que le burlesque est un féminisme nouveau. Expliquez.
Dita Von Teese : Pour beaucoup de femmes, oui. Le féminisme respecte les choix individuels. Mon public : 85% féminin. Depuis mon livre expliquant mon amour des pin-ups, ça résonne. C'est un féminisme alternatif.
Allison Kugel : Réponse aux critiques d'objectivation ?
Dita Von Teese : Mon public féminin s'en inspire pour contrôler sa sensualité. Burlesque n'est pas pour tous ; j'aime la ligne fine entre inspirant et provocant. Polarisation intéressante.
Allison Kugel : Féminité et féminisme coexistent-ils à l'ère #MeToo ?
Dita Von Teese : Le féminisme, c'est le choix. Restez fidèle à vos valeurs, ignorez les critiques. Arrêtons de juger.
Allison Kugel : Réception du burlesque USA vs. ailleurs ?
Dita Von Teese : Né aux USA (1930-40), mais accepté d'abord en Europe/Australie. Là-bas, TV mainstream ok avec cache-tétons !
Allison Kugel : USA tolèrent violence mais pas sensualité assumée.
Dita Von Teese : Sensualité décisive dérange plus que sex-tapes "accidentelles". J'inspire à assumer sans excuses ?
Allison Kugel : Conseils aux pionniers créatifs ?
Dita Von Teese : Sans internet, j'ai imaginé librement. Aujourd'hui, Instagram étouffe ; innovez malgré tout !
Allison Kugel : Ignorez le ridicule, tracez votre voie.
Dita Von Teese : Oui ! J'ai expérimenté pour Your Beauty Mark. Pionniers ouvrent voies.
Allison Kugel : Expérience d'un show Copper Coupe ?
Dita Von Teese : Diversité glamour, inclusif, festif ! "Je peux être comme ça !" Le plus grand burlesque ever.
Crédits images : Phil Barton, Jesper Carlsen et Dimitri Scheblanov
Dita Von Teese en tournée USA, Canada, Europe. Billets : https://www.dita.net/shows/.
Allison Kugel, journaliste pop culture, auteure de Journaling Fame. Instagram : @theallisonkugel.
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