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Floyd Mayweather vs Manny Pacquiao : le combat du siècle arrivé 5 ans trop tard

Le problème avec la boxe, c'est qu'elle dépasse le simple échange de coups entre deux adversaires. Notre instinct primal aspire au sang, à la douleur et aux knock-out spectaculaires, évoquant les combats de gladiateurs dans les colisées antiques. Aujourd'hui, nous évitons peut-être la mort, mais nous réclamons de l'action pure. Or, ce n'était guère le cas lors du duel baptisé "Combat du siècle".

Nombreux sont ceux qui détestent Floyd Mayweather. Il fanfaronne sans relâche, exhibant chèques milionnaires, bolides de luxe et mannequins sublimes. Ami de Justin Bieber, il s'offre des jets privés et dort sur un lit d'argent. Le vilain contemporain par excellence. Pourtant, nul ne peut nier son talent exceptionnel en boxe, méritant un réel respect.

Manny Pacquiao incarne l'idole nationale philippine : un homme modeste qui soutient son peuple avec générosité. Buteur acharné, discret hors ring, il fut la cible de moqueries l'an dernier après un knock-out inattendu. Après cinq ans de négociations houleuses, il obtint enfin son duel tant rêvé contre Mayweather. L'événement fit sensation : billets écoulés en 60 secondes, revente à plus de 250 000 $. Un prix équivalent à une maison dans bien des États.

Avant le combat, j'étais déchiré. J'exécrais Mayweather malgré son aura inégalée – bien que loin du GOAT Muhammad Ali. Mais ma vision changea en observant Manny via mon ami Victorino Noval, impliqué dans ses œuvres caritatives : fonds d'urgence, aide au développement philippin. Sur le ring, ce cogneur encaissait les coups et ripostait avec dignité face aux provocations de Floyd. Le vrai vainqueur n'est pas toujours celui qui soulève la ceinture.

Malheureusement, Manny ne l'emporta pas dans un affrontement ultra-tactique (Dieu merci, j'ai préféré le match 7 Clippers-Spurs). Il montra des signes prometteurs tôt, mais Floyd opta pour une stratégie défensive ennuyeuse et rusée : esquives et pas de deux incessants, à l'opposé d'Ali qui absorbait les coups. Résultat : pas le choc espéré, mais un triomphe statistique. Manny ne toucha que 18 % de ses coups, perdant 9 des 12 rounds. Dans la vie comme sur le ring, le "héros" ne gagne pas toujours. Pac-Man souriait en fin de combat, conscient qu'il y a cinq ans, cela eût été légendaire. Comme l'a dit Rudy Tomjanovich : "Ne sous-estimez jamais le cœur d'un champion, ni la faim d'un perdant."

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