La saga Star Wars de George Lucas domine la culture pop depuis un demi-siècle, imprégnant films, jeux vidéo, produits dérivés et parcs à thème. Pourtant, un chapitre est délibérément occulté du canon officiel : le Star Wars Holiday Special, émission de variétés télévisée de 1978 unanimement considérée comme un désastre mémorable.
Pour honorer ce que Lucas a tenté d'éradiquer, nous retraçons fidèlement son histoire. Centré sur la famille de Chewbacca attendant son retour sur Kashyyyk, tandis que l'Empire traque les Rebelles, ce spécial offre un aperçu inédit de la vie wookiee. Son climax inattendu ? Un court-métrage animé introduisant Boba Fett pour la première fois.
Après le triomphe de Star Wars : Épisode IV – Un nouvel espoir, Lucas se concentrait sur L'Empire contre-attaque. Loin des yeux, la production du spécial déraille : deux réalisateurs se succèdent, Bea Arthur chante dans une cantina, Jefferson Starship interprète un tube ovni-esque, tandis que Carrie Fisher, Harrison Ford et Mark Hamill enchaînent les caméos gênants. Même Harvey Korman, en chef extraterrestre cuisinier multi-bras inspiré de Julia Child, ne sauve pas l'affaire.
Indisponible en streaming officiel ou sur DVD légal (mais piratable en ligne), ce spécial alimente les blagues depuis 45 ans. Carrie Fisher l'utilisait pour chasser ses invités de Noël ! Lucas a tenté – en vain – de détruire toute trace. Découvrez ci-après son parcours chaotique.
1 / 10 Le succès fulgurant de Un nouvel espoir en fait le film le plus rentable de l'époque (775 millions de dollars), détrônant Les Dents de la mer jusqu'à E.T. en 1982. Il impose un univers riche en mythologie et merchandising.
2 / 10 Les suites à gros budget émergent avec Jaws 2 (200 millions de dollars pour 30 millions de budget), multipliant par quatre le coût original et pavant la voie aux blockbusters franchises.
3 / 10 La ressortie de Un nouvel espoir rapporte 10,1 millions en trois jours. Lucas, pour garder le contrôle créatif, auto-finance la suite (budget +150 % supérieur), un pari inédit dans l'histoire du cinéma.
4 / 10 Avec les coûts d'Empire en hausse et peu de suites réussies en précédent, des idées fusent pour maintenir l'intérêt public et attirer de nouveaux fans.
5 / 10 Les variétés, pilier de la TV des années 30-70, renaissent avec ce projet CBS pour Thanksgiving. Recruter les stars est ardu : Ford rechigne, Bea Arthur accepte pour son fils fan.
6 / 10 CBS gère la production, mais Lucas exige un focus sur la famille de Chewbacca (traitement de 6 pages). L'écrivain Bruce Vilanch, sous influence, s'oppose aux grognements sans sous-titres, en vain.
7 / 10 David Acomba quitte après quelques scènes, remplacé par Steve Binder. Chaos : acteurs étouffent dans les masques, Hamill cache ses cicatrices d'accident, scène holographique osée pour Itchy, père de Chewie.
8 / 10 Intrigue lacunaire, célébrités réticentes : Lucas stoppe la diffusion hors USA/Canada. À une convention : "Avec une masse, je détruirais chaque copie."
9 / 10 13 millions de téléspectateurs, battu par The Love Boat. Chute après l'heure et Boba Fett. Jamais rediffusé.
10 / 10 Malgré les efforts de Lucas, le spécial vit dans l'infamie. Podcasts, Disney+ (animé Boba Fett), anecdotes (Ford nie son existence) en font un culte. L'Empire sort en 1980, 11e succès Star Wars.