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Rick Ross : Réaliser le rêve américain sans craindre la mort – Entretien exclusif

Rick Ross : Réaliser le rêve américain sans craindre la mort – Entretien exclusif

Une conversation avec le rappeur Rick Ross invite à repenser les notions de succès, de richesse et d'opportunités. Il révèle comment repérer ces opportunités, les saisir pour atteindre le succès et le pérenniser tout en préservant son intégrité morale et physique. Né William Leonard Roberts II, Ross explose en 2006 avec son single emblématique Hustlin', un terme qui incarne son ethos et sa philosophie de vie. Sans discours académique, sa sagesse transparaît dans chaque échange. Vrai alchimiste, il transforme le plomb en or. Ses fans admirent son usage du langage et sa célébration assumée de la prospérité. Il rappelle fièrement avoir édifié un oasis luxueux depuis le désert urbain de son enfance.

Dans le quartier de Carol City à Miami où il a grandi, beaucoup ne voyaient que des impasses. Ross, lui, y a vu une chance de convertir ses expériences en musique. Il émerge alors que le hip-hop quitte son âge d'or pour un commercialisme effréné, contribuant à une renaissance du rap où il devient l'une des voix dominantes.

Rick Ross : Réaliser le rêve américain sans craindre la mort – Entretien exclusif

Selon Rick Ross, le faste et l'argent de son style de vie dépassent le matérialisme ostentatoire. Ils tracent un chemin inspirant : de la rue à une voie pavée d'or. Sa somptueuse résidence en Géorgie, surnommée la White House du rap (ancienne propriété d'Evander Holyfield), attire les stars pour des hommages mémorables.

Avec 87 singles à son actif, Ross navigue dans l'industrie musicale avec une urgence vitale, rappelant Tupac Shakur par sa conscience aiguë de la mortalité. Témoin de morts précoces dès l'enfance, il a survécu à une fusillade au volant et à plusieurs crises cardiaques. Plus prolifique que jamais, il sort son 10e album Port of Miami 2 et ses mémoires Ouragans : Un mémoire.

De nuits en voiture dans les années 2000 à une influence majeure auprès des plus grands artistes, Port of Miami 2 réunit Swizz Beatz, Meek Mill, le regretté Nipsey Hussle, John Legend, Lil Wayne et Drake. Sa complicité avec Drake date d'une décennie, nourrie par un soutien précoce dès So Far Gone.

Nos échanges pivotent autour de Ouragans, récit poignant de son ascension de la misère à la richesse.

Allison Kugel : Vous semblez nostalgique dans vos mémoires Ouragans. Si vous pouviez remonter le temps pour assister à la création d'un album culte, lequel choisiriez-vous ?

Rick Ross : Un album rap ? Sans hésiter Paid in Full d'Eric B. & Rakim. Rakim, parolier suprême, et B., DJ et hustler incarné. Leur style Gucci, posés sur une Mercedes S550, incarnaient l'essence du rap.

Allison Kugel : Richesse générationnelle ou héritage artistique, qu'est-ce qui prime ?

Rick Ross : Richesse générationnelle, sans conteste.

Allison Kugel : Face à vos problèmes de santé et la tentative d'assassinat, quelle leçon en tirez-vous ?

Rick Ross : Si c'était la fin, j'aurais fumé tous mes joints ! (rires) Mais surtout, savourer chaque jour.

Allison Kugel : Destin, libre arbitre ou les deux ?

Rick Ross : Le destin. Après 20 balles sur ma Rolls-Royce, j'ai osé récupérer ma chaîne cubaine... et ma copine. Ça devait être écrit.

Allison Kugel : Bien que tu sois retourné la chercher, Dieu merci pour la chaîne ! (rires) Je plaisante !

Rick Ross : (Rires)

Allison Kugel : Source de votre énergie et ambition ?

Rick Ross : Mon ADN, mon quartier, la conscience des haves et des have-nots. J'étais du côté des démunis. Pas de Nintendo, pas de Mike Tyson Punch-Out !.

Allison Kugel : Mon jeu préféré ! Tu me ramènes en enfance...

Rick Ross : Pareil. Mike Tyson Punch-Out ! et Double Dragon. Quand tes potes apportent console et jeux chez toi, tu sais où tu te situes.

Allison Kugel : Priez-vous ? À qui et pour quoi ?

Rick Ross : Tous les jours. Je l'appelle The Big Homie. Je Lui remercie pour tout et suis prêt quand Il m'appelle.

Allison Kugel : Votre mission ici en tant que Rick Ross ?

Rick Ross : Montrer aux gosses comme moi – sans maths – qu'on peut être PDG, auteur, artiste. À l'école, je cachais mon ignorance. Pas de père ni grand frère pour guider. Les rues m'ont formé, mais je veux enseigner : devenez boss, comme moi avec une douzaine d'entreprises.

Allison Kugel : Distraction : Roses dorées avec Drake sur Port of Miami 2. Votre dynamique ?

Rick Ross : Drake est authentique, c'est ce que j'admire. Je suis Big Homie, il est Lil' Homie. Naturel en studio comme dehors. Il assume sa sensibilité.

Allison Kugel : Vous ne questionnez jamais Dieu, même dans l'ombre ?

Rick Ross : Plus depuis que j'ai compris la vie. Cruelle ou belle, à nous de la rendre telle. Même après la mort de mon meilleur ami à côté de moi, ou celle d'un pote devant ses gosses. Les plans du Big Homie sont les Siens.

Allison Kugel : Vous interrogez-vous sur la violence de votre jeunesse ?

Rick Ross : Grandir là-bas, questionner ne changeait rien. Fusillades d'AK-47, cadavres en route pour l'école : survivre ou périr ?

Allison Kugel : Leçons financières pour vos enfants ?

Rick Ross : Ils sont gâtés, mais j'enseigne la marque. Ma fille de 14 ans gérait un Wingstop seule. Avec RICH Haircare, elle participe aux réunions. Ils voient le travail dur.

Allison Kugel : Élever des enfants dans le Holyfield Mansion, pas de sentiment d'entitlement ?

Rick Ross : Je montre l'exemple, sans pression. Bons élèves, respectueux. Liberté pour choisir leur voie. Imagine Eddie Murphy chez mon père pour Coming to America 2 – ils tournent là-bas ! J'ai un petit rôle.

Allison Kugel : Génial ! Je guetterai Rozay au ciné.

Rick Ross : Certainement ! (rires)

Allison Kugel : Vous remerciez un joaillier qui vous a laissé rêver devant ses montres. Visualisation ?

Rick Ross : Absolument, destin. Préparez-vous à ce que vous voulez. Merci à M. Morgan pour sa patience. J'aimerais le retrouver pour le remercier.

Allison Kugel : Vos fans vous connaissant mieux via le livre : nerveux ou excité ?

Rick Ross : Excité. Le livre effleure la réalité brute. Neil a interrogé 70 proches. J'ai vu l'argent avant la musique, prêt à investir.

Allison Kugel : Hommage à Nipsey Hussle : pourquoi si tôt ?

Rick Ross : Douloureux, mais vu ça toute ma vie. Nipsey était béni. J'ai survécu, lui non. Pas peur de la mort. Il aimait Crenshaw ; moi, Miami 305.

Allison Kugel : Que retiennent les fans de Ouragans ?

Rick Ross : Potentiel pour les jeunes du ghetto : auteurs, PDG. De chassé à chasseur.

Ouragans : Un mémoire de Rick Ross et Neil Martinez-Belkin est disponible sur Amazon et ailleurs. Port of Miami 2, son 10e album, est sorti. Suivez @RichForever sur Instagram.

Allison Kugel, chroniqueuse syndiquée, auteure de Journaling Fame, dirige Big Picture Media. Suivez @theallisonkugel et AllisonKugel.com.

Photos : Bob Metelus. Consultant créatif : Sheldon Wright.

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